Edito du mois : Le renouveau français

Publié le 27/11/2017 par Jonathan Levy

bordeaux France

Eurostat a publié mi-novembre les chiffres de la croissance pour le 3ème trimestre.

La croissance de la zone euro dépasse celle des Etats-Unis. Sur un an, l’économie de la zone euro a progressé de 2,5%, quand celle des US n’avance que de 2,3%. L’écart est ténu, certes, mais le symbole est suffisamment fort pour être souligné. La croissance est la plus forte observée depuis la crise des subprimes en 2007.

Toutes les grandes économies participent à l’amélioration de la situation économique. Les deux locomotives restent l’Allemagne et l’Espagne avec une croissance respective de 2,8% et 3,1%. Mais la France et l’Italie connaissent également une embellie à 2,3% et 1,8%, ce qui n’est pas si mal.

 

Cette accélération de la croissance s’explique par une conjoncture internationale favorable (toutes les grandes zones économiques sont en croissance en même temps). Elle s’explique également par une reprise de l’investissement des entreprises, ce qui est relativement nouveau. Enfin, la baisse du chômage dans la zone euro soutient la consommation, pilier de la croissance économique.

 

Plusieurs indicateurs laissent penser que la croissance devrait continuer de s’affermir en France. Le climat des affaires est au plus haut d’après l’Insee, bien au-delà de sa moyenne de long terme. Le moral des patrons est à son meilleur niveau depuis 2008. Cette amélioration sur le front économique aide à assainir le déficit public. Plus de croissance signifie plus de rentrées fiscales (TVA, taxe sur les produits énergétiques, …). En France, le déficit devrait passer sous la barre des 3% du PIB en 2017, ce qui n’était pas arrivé depuis 10 ans. En 30 ans, cela ne s’est produit qu’à 8 reprises !

 

Mais la France doit poursuivre ses efforts en la matière. Pour l’instant, les projections du déficit public sur les 3 prochaines années ne sont guère impressionnantes. Il devrait stagner juste sous la barre des 3%. L’embellie des comptes publics n’est pas assez rapide en France. Cela nous expose à un retournement de la situation économique et nous fragilise en cas de crise économique ou financière.

En 2018, la zone euro va lever 860 Md€ de dette, en baisse de 50 Md€ sur un an.

La France va, elle, augmenter son appel au marché en empruntant 225 Md€ en 2018, un montant en forte augmentation d’une année sur l’autre. La France, qui est le seul Etat dont les émissions augmentent de manière significative, paie aujourd’hui son manque de rigueur budgétaire des dernières années. Compte tenu de l’inertie du stock de dette, cela va encore peser jusqu’en 2020 au moins.

 

« Les Allemands font plus avec moins ! […] Cela étant, les réformes réalisées par la France vont dans le bon sens. »

Sur le plan du chômage, les chiffres du 3ème trimestre publiés par l’Insee ne sont pas bons. Ils laissent apparaître une dégradation en France, avec un taux de chômage en légère hausse à 9,4%, alors que les chiffres s’améliorent en Europe dans son ensemble.

L’écart entre la France et l’Allemagne est grandiloquent sur le plan économique. La croissance de l’Allemagne a encore été revue à la hausse alors que l’effort budgétaire est beaucoup plus important depuis des années. Les Allemands font plus avec moins ! Leur croissance est plus saine, et donc plus durable.

 

Cela étant, les réformes réalisées par la France vont dans le bon sens. Les baisses des charges pour les entreprises favorisent l’investissement, gage d’une poursuite de la croissance sur le long terme. Les réformes du marché du travail engagées par les gouvernements actuel et précédent devraient aussi favoriser les embauches.

Ces réformes ressemblent à celles opérées par l’Allemagne il y a 14 ans, ce qui a largement profité au pays. Même si certains contestent la dureté des réformes sur le plan social (ce qui est largement admis), il est indéniable que le pays dans son ensemble en ressort plus fort.

 

La France est championne du monde pour donner des leçons de moral à la terre entière. Le très beau tweet de Macron en réponse à Trump (« Make our planet great again ») en juin dernier l’illustre bien. Mais comme lui a rappelé le Time Magazine, avant d’être le chef de l’Europe, ou le chef de la contestation anti Trump, il faudra encore faire ses preuves. Il est irresponsable de laisser une telle dette à nos enfants. Le développement durable, ce n’est pas ça non plus !

 

Par Jonathan Levy

Président, co-fondateur de bienprévoir.fr