Le marché des changes sème le trouble…

Publié le 26/07/2017 par Chaguir Mandjee

Lors de la deuxième séance de discussion, au sujet des modalités du Brexit, de nombreux désaccords entre les autorités de l’Union Européenne et le gouvernement britannique ont instauré un climat de tension.

 

La question explosive du règlement de la « facture britannique », reprise avec insistance par Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne, n’a pas obtenu de proposition de la part du ministre David Davis. Ce dernier souhaite éviter un embrasement de la scène politique au Royaume-Uni. Dans ce contexte de statuquo, la probabilité d’un « no deal » est de plus en plus forte, d’autant que David Davis a estimé que l’absence d’accord sur les relations commerciales ne serait pas « la fin du monde ».

 

Ces éléments pèsent sur la livre sterling qui voit l’euro remontée vers une parité à 1€ = 0,90£. L’économie britannique se dirige, dans le même temps, vers un creux conjoncturel. En effet, la baisse des salaires réels devrait impacter la consommation des ménages qui montre des signes de ralentissement au T1. Dans ce climat d’incertitude, nous nous attendons à ce que les prochains chiffres du PIB soient en baisse.

 

Cet essoufflement de la croissance empêche la normalisation de la politique monétaire. La BoE se retrouve en retard sur les autres banques centrales, ce qui pèse sur les taux courts. Les cours du pétrole s’orientent à la hausse en cette fin de mois de juillet, notamment soutenus par l’annonce d’une limitation de la production au Nigeria, et par la dernière réunion de l’OPEP qui a été encourageante et a permis de rassurer une partie des investisseurs s’inquiétant d’une persistance de l’excès d’offre sur le marché. Aux Etats-Unis la demande devrait repartir après le retard dans le lancement de la driving season. Dans ce contexte les stocks mondiaux devraient diminuer ce qui conforte notre scénario d’une montée du cours vers 50$/b.

 

Mario Draghi s’est montré prudent lors de la conférence de presse qui suivait la réunion de politique monétaire. Bien que la politique de change ne soit pas un objectif de la BCE, l’institution peut utiliser les outils à sa disposition pour réduire la pression haussière sur l’euro mais aujourd’hui sans succès. Cette appréciation est un facteur de risque pour la croissance et l’inflation qui perturbe le planning de resserrement de la politique monétaire mis en place par la BCE. Elle devrait donc attendre de savoir si la FED va réduire la taille de son bilan pour annoncer une hausse des taux.

 

Aux Etats-Unis, la « tentative » de réforme de l’Obamacare se poursuit. Après l’échec de la semaine dernière, les sénateurs ont voté hier le lancement des discussions bipartites sur l’élaboration du projet de loi. L’ensemble des élus ont dorénavant la possibilité de proposer des amendements ce qui devrait permettre de promulguer la première loi de l’administration Trump.

 

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion

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