L’or noir à un tournant

Publié le 01/12/2016 par Chaguir Mandjee

Avec le référendum italien et la prochaine réunion de la FED, la réunion de ce mercredi 30 novembre de l’OPEP à Vienne est un des événements attendus pour cette fin d’année boursière. 

 

Le baril bondit cette après-midi sur fonds d’optimisme. En effet, l’objectif est d’entériner l’accord d’Alger, par lequel le cartel décidait de réduire sa production. Les membres de l’organisation seraient proches d’un accord pour soutenir les cours. Si un accord est signé aujourd’hui, cela permettrait au prix du baril de se stabiliser voire d’aller au-delà des 50 USD.

 

Pour les banques centrales, l’issue de la réunion est cruciale puisque le rebond de l’inflation sera plus faible qu’escompte en 2017 si le baril se maintient en dessous de 50 USD. La BCE pourrait maintenir une politique monétaire accommodante plus longtemps et la Fed pourrait ralentir son rythme de remontée des taux directeurs malgré une dynamique de croissance de plus en plus positive.

 

En effet, aux Etats-Unis, la croissance a été plus forte que prévu au troisième trimestre, à 3.2% en rythme annualisé contre 2.9% en première estimation. Cette croissance est due en partie à la hausse des dépenses de consommation, +2,8% en rythme annualisé contre 2,1% attendu, et à la vigueur des exportations, notamment une forte hausse des ventes de soja. Toujours aux Etats-Unis, la confiance du consommateur s’est améliorée plus qu’attendu en novembre comme le montre l’enquête mensuelle du Conference Board, qui d’ailleurs a été réalisée pour l’essentiel avant l’élection présidentielle.

 

Selon des chiffres publiés ce mardi par la BCE, les banques italiennes détiennent près d’un tiers des 990 milliards d’euros de créances douteuses de la zone euro. Ce niveau élevé de créances douteuses est le frein principal à la reprise du crédit dans la zone. Selon Reuters, la BCE est prête à augmenter temporairement ses achats de dette souveraine italienne si le résultat du référendum constitutionnel de dimanche entraine les rendements obligataires en hausse. La BCE pourrait alors utiliser son programme de rachats d’actifs d’EUR 80Md par mois pour acheter des obligations italiennes afin de soutenir leurs cours. Le Conseil des gouverneurs de la BCE estime qu’il y a une marge de manœuvre pour aider l’Italie qui sera utilisée si nécessaire. Le programme de rachat d’actifs prévoit une certaine flexibilité. Le point crucial est que la BCE doit être convaincue que la volatilité peut être surmontée par le recours à cette flexibilité. Les sources ont souligné que la manœuvre ne durerait que quelques jours, voire quelques semaines, pour parer à toute volatilité immédiate du marché.

 

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion

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