Trump élu, le monde regarde vers la Fed

Publié le 24/11/2016 par Chaguir Mandjee

 L’objectif de Donald Trump est l’accélération de la croissance aux Etats-Unis. Les marchés sont drivés depuis son élection par la perspective d’une politique de relance budgétaire et de mesures de relances incluant des dépenses d’infrastructures et des baisses d’impôts.

 

Ainsi, les 3 principaux indices des Etats-Unis, le Nasdaq, le S&P et le DJI, ont atteint des niveaux record, soutenus également par les valeurs technologiques et les valeurs de l’énergie dans le sillage d’un rebond du prix du pétrole. Les marchés ont été soutenus par un fléchissement du dollar et la perspective d’un accord pour limiter la production afin de soutenir les prix.

La Russie a fait part cette semaine de sa volonté de se joindre à l’accord de l’OPEP sur un gel de la production. Par ailleurs, les ministres de l’OPEP débattront le 30 novembre prochain d’une réduction de 4% à 4,5% de la production de la plupart des pays membres de l’organisation.

Le marché assigne pour la première fois une probabilité de 100% (basé sur les Fed funds) d’une hausse des taux lors de la réunion du 13 décembre et les investisseurs pensent que la hausse sera plus rythmée afin d’accompagner la politique de Trump. Les anticipations inflationnistes atteignent ainsi leur plus haut niveau depuis octobre 2014.

Aux Etats-Unis, les reventes de logements ont atteint en octobre leur plus haut niveau depuis neuf ans et demi, ce qui confirme une accélération de la croissance au dernier trimestre 2016. Le récent mouvement de hausse des taux des prêts immobiliers menace cependant la croissance de l’activité. En effet, les taux des prêts immobiliers suivent ceux des rendements obligataires, qui ont grimpé sur des anticipations de hausse de l’inflation sous l’effet de la politique économique que mettra en œuvre le futur président des Etats-Unis.

L’élection de Donald Trump et la probable action de la Fed ont déclenché un mouvement mondial sur les taux souverains mais cela ne sera pas répercuté par les autres banques centrales. Dans la Zone Euro par exemple, la situation économique ne progresse plus et la croissance économique ralentit, ainsi, la hausse des taux souverains ne se justifie pas.

La BCE a rappelé cette semaine que le niveau d’inflation qui demeure sous le seuil des 1% est trop faible laissant penser que l’institution pourrait agir en décembre. Malgré tout, une baisse conséquente du taux de chômage reste l’élément crucial pour une inflation durable.

 

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion