Actualité des marchés du mercredi 23 Juin 2014 par Jonathan Lévy

Mis à jour le: 22/10/2014 par Vincent Cudkowicz

Le « D » Day ou le Draghi Day

La guerre des monnaies est enfin lancée et elle ne fait que commencer.

Depuis des lustres de nombreux politiques européens (Montebourg en tête) réclament à cor et à cri une baisse de l’euro face au dollar pour favoriser les exportations et donc la croissance et l’emploi. Il est vrai que l’euro fort pèse lourdement sur les entreprises.

Nous avons eu une illustration avec Schneider Electric la semaine dernière. Le Groupe de matériel électrique a annoncé une réorganisation de ses usines pour rééquilibrer les volumes de production en fonction des zones de vente. En clair, ils vont transférer une partie de la production dans la zone dollar pour regagner en compétitivité. Au passage, la France perd 200 emplois !

Il y a donc urgence à restaurer un peu la parité euro / dollar. Mais ce n’est pas par incantation que cela va se produire. Il est sidérant de voir la naïveté des européens sur le sujet. Certains prônent une meilleure coordination avec les Etats-Unis pour aboutir à un taux de change plus juste. Quelle crédulité !

Les Etats-Unis sont focalisés sur leurs propres intérêts, il est illusoire de croire qu’on pourrait les convaincre de nous aider à faire baisser l’euro pour leur vendre plus de biens. De même, et c’est tout le paradoxe, les Etats-Unis ont échoué à obtenir de le Chine une appréciation du yuan, alors que ca fait deux décennies qu’ils l’implorent. Si la Chine a décidé de changer graduellement les règles fin 2013, c’est uniquement parce qu’elle juge que c’est le bon moment de le faire pour elle, à une période où elle cherche à transformer son modèle de croissance, jusque là uniquement basé sur les exportations.

La BCE a compris grâce à Mario Draghi, que dans cette situation là, seuls les actes comptent. La crédibilité d’une banque centrale étant son arme principale, l’institution de Francfort a décidé de lancer le 5 juin dernier (le fameux D Day) un programme de 5 mesures pour rendre sa politique monétaire plus accommodante. Au total, on peut estimer à environ 700 milliards d’euros la somme injectée dans le système, directement ou indirectement pour relancer le crédit et lutter contre la déflation qui nous guette.

Nous sommes à un véritable tournant concernant les politiques monétaires et de change. On peut même parler de séisme, tant les enjeux économiques et financiers sont importants. Car au moment même où l’Europe se lance dans la bataille, les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont contraints d’en sortir (dans les deux cas, l’inflation pointe sont nez avec un retour sur les 2%), la Chine change d’attitude pour les raisons évoquées plus haut.

Ce séisme aura des effets puissants et durables. C’est pourquoi nous avons décidé dans cette newsletter de mettre en avant toutes ses conséquences sur le monde de l’épargne pour vous permettre de faire vos choix de placements en bonne intelligence. En substance, voici les principaux points à retenir :

  • Les taux d’intérêts à court terme vont rester durablement bas, les taux à long terme pourraient encore baisser. En particulier les taux des pays périphériques.
  • L’euro devrait se déprécier dans les semaines et les mois à venir. On vise environ 1,20 contre dollar à un horizon de 18 mois.
  • Les actions, en particulier européennes, devraient progresser de 10 à 15% à un horizon de 12 mois.

Concernant les produits d’épargne classiques, nous pensons que les livrets et les comptes à terme seront les grands perdants. Les fonds en euro classiques devraient baisser à terme. Mais l’écart avec les produits court terme vont rester en leur faveur. Les fonds en euros dynamiques et les SCPI sont au contraire les produits qui gardent le plus d’attrait dans ce contexte. Et pour ceux qui acceptent du risque, nous pensons que c’est sur les produits de type actions que les performances devraient être les meilleures dans l’année qui vient.

Bien sûr, nous restons à votre disposition pour examiner avec vous les conséquences de tous ces changements sur votre patrimoine, et pour vous aider à prendre les bonnes décisions. Encore une fois, vous pouvez compter sur nous, n’hésitez surtout pas à solliciter votre conseiller préféré.

Par Vincent Cudkowicz

Directeur Général, co-fondateur