Actualité des marchés financiers – L’économie change

Mis à jour le: 05/07/2018 par Vincent Cudkowicz

Après l’été, c’est la rentrée, mais pas la reprise ! Les marchés financiers ont été quelque peu agités cet été pour diverses raisons, dont les mauvais chiffres économiques dans la zone euro.

Une autre raison tient certainement aux tensions géopolitiques observées un peu partout. A mon sens, la crise la plus marquante pour les marchés actions européens a été la crise ukrainienne. L’Allemagne a une partie de son économie tournée vers l’Europe de l’Est et est très dépendante du gaz importé de cette région du monde. Du coup, le climat des affaires s’est nettement détérioré cet été dans la première économie de la zone euro.

Cela étant, malgré cette situation tendue, les prix des matières premières ont beaucoup baissé, ce qui est une bonne nouvelle. Ainsi, pour des raisons structurelles (baisse de la demande et hausse de la production), le pétrole en particulier a baissé de 15% depuis le début de l’année, ce qui représente une bouffée d’air pour notre économie.

Du côté économique, les nouvelles de cet été sont contrastées, selon qu’on se trouve d’un côté de l’Atlantique ou de l’autre. Aux Etats-Unis, l’économie tourne à plein régime, que ce soit dans le secteur industriel ou dans celui des services. La croissance a été forte au 2ème trimestre et on commence à percevoir une reprise de l’investissement des entreprises, qui était le seul moteur de la croissance encore en panne.

En Europe en revanche, la croissance est au point mort, alors qu’une reprise semblait s’installée depuis mi-2013. Cette fois tous les pays sont touchés, y compris l’Allemagne. Les indicateurs avancés laissent entendre une croissance très légèrement positive au 3ème trimestre. Enfin, l’inflation a continué de baisser cet été, nous rapprochant encore un peu plus du risque de déflation dans la zone euro.

Face à cette situation les banques centrales sont plus que jamais à la manœuvre. La FED a annoncé mercredi 17 septembre la fin de son programme de quantitative easing (la planche à billets moderne), mais ne se dit pas pressée de remonter les taux d’intérêt. L’enjeu pour la FED est de piloter le mieux possible la hausse des taux, pour éviter un krash obligataire. Il nous semble que Janet Yellen, sa Présidente, fait preuve de beaucoup de doigté en la matière.

Si la FED se prépare à un retour de l’inflation à terme, la BCE est dans la situation tout à fait inverse, elle doit lutter contre le risque de déflation. Elle a donc annoncé de nouvelles mesures début septembre qui vont dans ce sens. Le message de Mario Draghi est clair. Il montre que la BCE agira autant qu’il le faudra, et je pense que son Président saura convaincre les Allemands, le moment venu, que la BCE doit également acheter des dettes souveraines. Il y a un capitaine à la barre.

La conséquence de cette dichotomie entre la FED et la BCE est une baisse marquée de l’euro. La tendance devrait se poursuivre dans les mois qui viennent.

Au final, on observe un environnement très favorable pour les marchés actions européens, et c’est là le paradoxe qui peut surprendre.

  • La baisse de l’euro redonne de la compétitivité aux entreprises européennes. Il devrait également permettre une amélioration des résultats des entreprises.
  • Les taux d’intérêt ont beaucoup baissé depuis le début de l’année, ce qui présente de nombreux avantages pour nos économies endettées.
  • Le pétrole est en baisse de 15% depuis le début de l’année.
  • L’économie Européenne finira par profiter de la croissance qui se dessine aux Etats-Unis.

Depuis le mois de juin, la BCE agit beaucoup. En faisant baisser l’euro de la sorte, elle a créée la courroie de transmission de la croissance des Etats-Unis vers l’Europe. A nous d’en profiter.

Par Vincent Cudkowicz

Directeur Général, co-fondateur