Alexis Tsipras joue avec l’avenir de la Grèce …

Mis à jour le: 28/01/2016 par Chaguir Mandjee

Alors que la Grèce constitue officiellement le premier pays développé à entrer en retard de paiement auprès du FMI, le brouillard reste entier sur l’avenir financier du pays. Les sondages se multiplient mais leurs résultats, très différents, ne permettent toujours pas de convaincre. Le « non » semble toutefois l’emporter pour l’instant. Les Européens poursuivront les discussions ce mercredi 01 juillet, mais une avancée concrète semble peu probable. Angela Merkel a notamment fait savoir qu’aucun accord de sa part ne pouvait être envisagé avant la tenue du vote dimanche prochain. Les tractations se poursuivent en Grèce, mais la visibilité sur l’issue du référendum reste très faible, alors que le retard de paiement au FMI est désormais acté.

Cependant, la variation du CAC de ce mercredi 1er juillet illustre la forte attente des investisseurs sur l’évolution des négociations. Celle-ci fait suite à des rumeurs selon lesquels le premier ministre Grec Alexis Tsipras aurait envoyé à ses homologues européens une lettre dans laquelle il accepterait la plupart des conditions pour la poursuite de l’aide. En échange d’un nouveau plan d’aide de près de 29 milliards d’euros, le gouvernement grec accepterait en substance de réformer la TVA, d’augmenter l’âge de la retraite à 67 ans en 2022 au lieu de le faire immédiatement, et demanderait un report de la suppression de l’allocation de solidarité aux retraités les plus pauvres entre autres mesures.

Aux Etats-Unis, la hausse de la confiance des ménages en juin renforce notre conviction que la consommation privée restera un moteur puissant cette année. Le détail de l’enquête ADP de création d’emplois, dévoilé cet après-midi, devrait par ailleurs rappeler l’amélioration continue des conditions observées sur le marché du travail. Nous considérons que la dynamique de croissance et d’inflation sera suffisamment robuste pour permettre à la Fed d’agir cette année.

En parallèle, L’évolution des prix et de la croissance restera toujours conditionnée à celle des prix du pétrole. Les négociations autour de la question iranienne seront à ce titre déterminantes. La fin des discussions, initialement prévue mardi 30 juin, a été repoussée, sans qu’une nouvelle date butoir n’ait été précisée.

D’autre part, au Japon, l’indice Tankan est également encourageant pour le 2e trimestre, permettant de tabler sur une posture toujours attentiste de la BoJ. Alors qu’en Chine, les indices PMI publiés ce mercredi 01 juillet ne permettent toujours pas de tabler sur une inflexion de croissance positive, malgré les efforts d’assouplissement monétaire de Pékin. Ceci devrait conduire le gouvernement à poursuivre ses opérations de soutien.

Dans ce contexte, la volatilité devrait rester de mise sur les marchés européens, aussi bien actions qu’obligataires, avec la persistance d’un fort degré d’aversion au risque dans la lignée des mouvements observés en ce début de semaine. Il faut donc rester prudent pour le moment et éviter de s’exposer inutilement dans l’attente d’une régularisation de la situation en Grèce.

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion