Ce baril qui pèse lourd sur l’inflation…

Mis à jour le: 05/07/2018 par Chaguir Mandjee

EDITO

La semaine dernière, Mario Draghi a affirmé la volonté de l’institution à agir rapidement pour ramener le taux d’inflation vers la cible de 2%. Toutefois, du fait de la chute du prix du pétrole et de la faiblesse de l’activité économique, il est à craindre qu’il passe en territoire négatif dans les prochains mois. La BCE n’aura donc pas d’autre choix que de modifier son programme d’achats d’actifs. Pour en renforcer l’efficacité, il faut que les montants soient plus importants mais la taille des marchés limite la capacité d’action de l’institution.

Aux États-Unis, suite à la décision de Barack Obama de régulariser 4,7 millions d’immigrés, les Républicains ont décidé d’utiliser l’arme budgétaire. Ils ont décidé de voter une loi de financement des dépenses publiques à l’exception de celles qui touchent à la politique migratoire. Cette stratégie permettra d’éviter un « shutdown »le 11 décembre tout en bloquant la décision de Barack Obama. Parallèlement, des discussions sont en cours sur la levée de l’interdiction d’exporter du pétrole brut. Les Républicains poussent en ce sens et cet élément pourrait être intégré dans le cadre d’un accord plus global. Si cette interdiction vieille de 40 ans devait disparaitre, une nouvelle source de baisse pour le prix du baril de pétrole pourrait émerger.

En Chine, la banque centrale a décidé de franchir un cap dans l’assouplissement de sa politique monétaire. Du fait de la faiblesse de l’inflation et de la détente des prix de l’immobilier, la banque centrale a les mains libres pour poursuivre ses efforts. La Banque de Chine a annoncé une baisse du taux de repo à 14 jours de 3,4% à 3,2%. Ce faisant, elle facilite l’accès des banques à la liquidité de court terme, et continue de soutenir l’économie chinoise qui peine à ré-accélérer.
Tandis qu’au Japon, H. Kuroda, actuel président de la BoJ, a affirmé la volonté de l’institution de prendre des mesures supplémentaires si cela devait s’avérer nécessaire pour atteindre l’objectif d’inflation de 2% à moyen terme.

Enfin, la tendance baissière sur le pétrole va se poursuivre. Les discussions entre l’Arabie Saoudite, la Russie, le Mexique et le Venezuela visant à préparer le sommet de l’OPEP n’ont pas abouti. Ces quatre acteurs majeurs du secteur pétrolier ont convenu que le cours n’était pas à un niveau satisfaisant sans pour autant prendre des décisions pour y remédier. Cet échec rend difficilement envisageable un accord décisif entre les pays de l’OPEP pour mettre un terme à la chute du prix du pétrole. Nous pouvons donc escompter une poursuite de la baisse du cours du baril de pétrole au cours des prochains mois qui pèsera lourdement sur les perspectives d’inflation dans le monde.

 

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion