Comment améliorer le rendement des excédents de trésorerie de mon entreprise dans un contexte de taux bas ?


Mis à jour le: 24/12/2014 à 15h28 par Vincent Cudkowicz

Intervention BFM Business Intégrale Placement du 29 Septembre 2014

 


Vincent Cudkowicz, pouvez vous nous rappeler comment s’articule la gestion de trésorerie d’un patron de PME ?

 

Avant tout il faut rappeler que l’objet d’une entreprise n’est pas de placer ou de spéculer avec le résultat de ses excédents / résultats. D’ailleurs, avant de pouvoir envisager de placer la trésorerie de son entreprise, il faut s’assurer que cela se fait en conformité avec les statuts de l’entreprise.

Ensuite, il convient en effet, lorsque l’on se penche sur la trésorerie de son entreprise de distinguer d’une part une dimension temps et d’autre part une dimension volume. C’est donc un enjeu lié aux questions stratégiques de l’entreprise.
Je m’explique : lorsque son entreprise a dégagé des résultats positifs, tout chef d’entreprise se pose la question de rapprocher cette trésorerie disponible de sa stratégie, à court et moyen terme. En faisant cet exercice, le chef d’entreprise est en mesure de savoir de quel cash il va avoir besoin, et à quelle échéance, pour exécuter son plan stratégique, dans les mois et les années à venir.

Pouvez vous nous donner quelques chiffres pour débuter, sur le niveau de trésorerie des PME en France ?

Près de 60% des PME françaises connaissaient en mai 2014 une situation « normale ou aisée » de leur trésorerie (source BPI France Etude de conjoncture Janvier 2014. C’est notamment le cas des PME Exportatrices ; celles – ci connaissent plus souvent un niveau de trésorerie « normale ou aisée ». Et globalement cette situation s’est amélioré depuis fin 2013.

En 2013, d’après le baromètre des Entreprises 2013 Euler Hermes, près de 30% des entreprises françaises décident de conserver leur excédents sur un compte à vue ! C’est désespérant.

Ne peut on pas considérer que de conserver ses excédents de trésorerie sur un compte à vue, serait non seulement une erreur stratégique mais également une faute morale du chef d’entreprise ?

Effectivement un bon chef d’entreprise doit panacher l’usage de ses excédents de trésorerie entre investissements, acquisitions et placements.

Vous pouvez aussi nous donner des astuces pour faire en sorte que le placement de ces excédents rapportent plus que les solutions bancaires du coin de la rue ?

 

Effectivement, prenons l’exemple d’une entreprise qui connait un excèdent de trésorerie de 1M€.

En ne prenant pas les bonnes décisions d’optimisation de sa trésorerie, et en confiant ses excédents uniquement à sa banque classique, sans mise en concurrence un patron de PME risque de perdre jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’€ chaque année. De quoi financer un ou plusieurs nouveaux emplois :

Mais le contexte de taux bas et de déflation ne concerne pas uniquement l’épargne des particuliers et touche également les placements d’excédents de trésorerie auxquels les chefs d’entreprises peuvent avoir accès ?

Les rendements des produits classiques de gestion des excédents de trésorerie ont tous connu une forte baisse depuis 18 mois (Monétaires, compte à termes, Sicav…) Cependant, les banques ne montrent pas de grands signes de créativité dans ce domaine.

Elles proposent actuellement des produits types monétaires dont le rendement attendu ne dépasse pas les 1% voire, exceptionnellement les 1,25%, à condition de mobiliser des sommes importantes, pour une PME. Dans un contexte d’inflation à Zéro, même cela n’est pas perdu.

Alors comment faire pour améliorer ce rendement des excédents de trésorerie :

 

Voici un récapitulatif de ce qu’il est possible de faire :

Voir le document récapitulatif ici
Donc pour ceux qui sont prêt à challenger leur banque habituelle, l’échelle des rendements, actuellement pour les placements d’excédents de trésorerie va de 1% à 5%, environ, selon l’échéance et le risque concédé.

On va distinguer :

A Très court terme (1 an max)

 

    • Les SICAV notamment pour couvrir un risque devise, qui peuvent rapporter 1%

A Moyen Terme ( de 2 ans à 4 ans) :

 

    • Chez bienprévoir.fr on apprécie notamment les Compte à Terme non bloqués, de GE Money Bank. 1,8% pour 24 mois et 2,1% pour 36 mois.
    • Regarder aussi les possibilité d’investir soit en placements obligataires, qui peuvent rapporter actuellement 4% en misant sur des signatures comme Goodyear.
    • Enfin, ne pas oublier de se pencher sur les possibilités d’investir en Fonds en Euros Luxembourgeois. Dans ce cas, les rendements actuellement peuvent dépasser les 2,5%.

A Long Terme ( au dessus de 4 ans) :

 

  • En acceptant de prendre un peu plus de risque, on peut se pencher sur les produits structurés actions, avec une protection partielle du capital.
  • On s’intéressera aussi à la possibilité d’investir dans l’achat d’usufruit de parts de SCPI d’entreprises. Dans ce cas, en tenant compte de l’amortissement de l’investissement réalisé on arrive à un rendement net supérieur à 3% actuellement.

On apprécie également :

 

  • Les placements obligataires qui peuvent rapporter 4 à 5% par an en achetant des signatures comme Fiat, Air France, Peugeot, Goodyear
  • Les placements en Fonds Euros, mais plutôt au Luxembourg. Objectif :2,5% par an

De façon un peu plus exotique on peut également se pencher (si on a plus de temps notamment, et pas un besoin instantané de reprendre ses billes) sur les produits structurés actions ou même l’acquisition de l’usufruit de SCPI.

La trésorerie d’une PME et le patrimoine d’un Chef d’entreprise, n’est ce pas souvent confondu ?

 

Il est judicieux, souvent lorsque l’on s’intéresse à l’optimisation de la trésorerie de sa propre entreprise, de se poser des questions quant à l’organisation de son propre patrimoine à titre individuel. Il n’est pas rare que les solutions que nous préconisons chez bienprévoir.fr soient applicables également à titre personnel.

Cependant, il s’agit de deux patrimoines distincts. On ne peut confondre les deux, mais un même expert peut recommander des solutions pour l’un ou l’autre « patrimoine ».

Par Vincent Cudkowicz

Directeur Général, co-fondateur