De la culture du symbole à la culture du résultat

Mis à jour le: 01/03/2016 par Jonathan Levy

 

La finance est très agitée depuis le début de l’année. Après le secteur pétrolier, les banques sont à présent au cœur de la tourmente. Mais en fait les deux thèmes sont intimement liés.

Les sociétés pétrolières et parapétrolières sont extrêmement fragilisées par la chute des cours du pétrole. La crainte de faillites en chaîne affecte tout le secteur. Or, les banques, c’est leur rôle, ont prêté aux sociétés concernées, pour les accompagner dans leur développement passé. C’est pour cette raison que les banques sont touchées par la baisse du pétrole ; on craint que les crédits consentis ne puissent être remboursés et ne génèrent des pertes dans les banques.

Cela étant, ces inquiétudes nous semblent exagérées. L’exposition des banques au secteur pétrolier est très limitée en Europe. Il ne dépasse pas les 2 ou 3%, à comparer aux 60% d’exposition au secteur immobilier lors de la crise des subprimes en 2008 !

Au moment même où les tensions sont les plus vives, est entrée en vigueur une nouvelle réglementation européenne relative à la résolution des crises bancaires. Ces règles avaient été adoptées suite aux 2 précédentes crises (subprimes et dettes souveraines européennes) aux cours desquelles les Etats ont dû venir en aide aux banques, avec l’argent du contribuable. Pour éviter que cette situation désastreuse ne se reproduise, il a été décidé que dorénavant les actionnaires, les détenteurs d’obligations et les « gros » clients (ceux qui détiennent plus de 100 000 € sur leur compte en banque) soient mis à contribution.

S’il peut sembler légitime de protéger le contribuable, il est inacceptable que les clients, quel que soit leur patrimoine, soient affectés par une éventuelle faillite de leur banque. On n’a pas demandé à ceux qui roulent en 508 d’aider l’entreprise Peugeot quand elle a eu des difficultés financières. Les clients des banques ne sont pas forcément des investisseurs avertis, ce sont de simples utilisateurs d’une prestation de service. En cas de faillite de leur banque, ils sont victimes avant tout.

Au nom du symbole (préserver le contribuable et faire payer les riches), on a sacrifié l’efficacité économique. Les banques ne sont pas des entreprises comme les autres : elles doivent prendre des risques et prêter à l’économie réelle pour permettre la croissance de celle-ci. Il est essentiel et primordial d’instaurer la confiance envers les banques pour leur faciliter la prise de risque maîtrisé et contrôlé, faute de quoi elles ne pourront accompagner comme il se doit les acteurs économiques dans leur développement. Or, ce qui fait cruellement défaut aujourd’hui, c’est bien l’investissement de toutes natures, créateur de croissance et d’emplois.

Quand on nous parle de symbole, il faut toujours se méfier. C’est en général pour faire adopter une nouvelle mesure, souvent populiste, mais dont on peut douter de l’efficacité. J’aimerais qu’on passe enfin de la culture du symbole à la culture du résultat. Tout un programme !

 

Par Jonathan Levy

Président, co-fondateur de bienprévoir.fr

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