Edito du mois : En même temps…

Mis à jour le: 04/07/2018 par Jonathan Levy

Emmanuel Macron Edouard Philippe

Emmanuel Macron va enfin pouvoir confronter à la réalité sa formule désormais célèbre, « en même temps ». On en a eu un aperçu furtif avec l’épisode du discours de politique générale du Premier ministre à l’Assemblée Nationale. Face à la difficulté budgétaire laissée par l’équipe Hollande/Valls (les fameux 8 Milliards de dépenses non financés), le nouveau couple exécutif a semblé hésiter à mettre en œuvre les réformes fiscales promises pour créer ce choc de confiance nécessaire à la relance de l’activité. Mais voilà, Macron et Philippe vont devoir réduire le déficit public et en même temps réduire les impôts.

 

Contrairement à ce que l’on peut entendre ici ou là, la réduction du déficit public est absolument essentielle pour diverses raisons.
D’un point de vue économique d’abord, on est actuellement anesthésiés par le faible niveau des taux d’intérêts, mais une forte remontée des taux pourrait rendre notre dette publique insoutenable, alors qu’elle représente actuellement 98% du PIB. Ce n’est certes pas le scénario central à court terme, mais cela pourrait arriver un jour. Il est de notre devoir collectif de nous préparer à cela, si on ne veut pas connaître le sort tragique de certains pays d’Europe du Sud lors de la dernière crise financière.

 

D’un point de vue politique ensuite. Avec le déficit public attendu en 2017 le plus élevé de la zone euro, nous ne sommes plus du tout audibles pour réformer l’Europe. Si nous voulons peser dans les débats, nous devons d’abord gagner en crédibilité. Faut-il rappeler que l’Allemagne a une croissance économique supérieure à la nôtre, un taux de chômage deux fois plus faible, et en même temps présente un excédent budgétaire ? Les événements politiques récents ont pourtant démontré que la gouvernance de l’Europe a besoin d’évoluer. La France se doit d’être à la hauteur des enjeux politiques actuels.

Les réformes fiscales promises pendant la campagne présidentielle avaient pour but de redonner confiance aux entrepreneurs et aux investisseurs, afin de donner un coup de fouet à la croissance. Cela est inévitable pour redonner un emploi à chacun en France. Régulièrement je vois défiler dans mon bureau des entrepreneurs talentueux, qui me disent tous la même chose : la pression fiscale est devenue insupportable, je pars m’installer à l’étranger. Ce sont ainsi des milliers de créateurs de richesse pour le pays qui quittent le territoire chaque année, pour aller créer des emplois ailleurs !

 

On ne peut que se féliciter que l’agenda des réformes fiscales soit plus clair. Cela englobe à la fois la réforme de l’ISF , la taxe d’habitation, la fiscalité des revenus du capital, l’impôt sur les sociétés et les charges des entreprises.

La reconstruction de notre pays est un chantier long et difficile, il y a donc urgence à le lancer rapidement. D’autant plus que les effets produits par cette politique mettent du temps à arriver. Cela a été le cas en Allemagne par exemple. On sait que la confiance se perd en litres, et se gagne en gouttes !

Par Jonathan Levy

Président, co-fondateur de bienprévoir.fr

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