Dans l’attente de nouvelles prévisions – Actualité des marchés financiers – Ancien

Mis à jour le: 22/10/2014 par Vincent Cudkowicz

Dans l’attente de nouvelles prévisions…

Dans un contexte où la croissance mondiale s’est révélée trop fragile en début d’année, le discours de Christine Lagarde lors des « Rencontres Economiques d’Aix-en Provence » manifeste la volonté du FMI de revoir ses prévisions de croissance à la baisse. D’un côté, les pays développés sont pénalisés par une reprise lente provenant de la faiblesse de l’offre et d’un manque d’investissements des secteurs public/privé et de l’autre, les contributions des pays émergents devraient ralentir, notamment à cause de plus faibles exportations.

En zone euro, la dynamique est jugée trop faible pour permettre la baisse du chômage et de l’endettement. Si, selon Christian Noyer, celle-ci devrait repousser les risques déflationnistes, les mesures prises par la BCE devraient empêcher un éventuel programme de « quantitative easing » massif ciblé sur les dettes souveraines. D’autre part, la réunion des ministres des Finances a marqué leur volonté de faire preuve d’une certaine flexibilité pour les gouvernements qui adoptent des reformes structurelles en leur permettant de bénéficier de délais supplémentaires pour réduire leur déficit (la France et l’Italie en seraient les principaux bénéficiaires).

En France, le gouvernement a annoncé une nouvelle baisse d’impôts en 2015 pour les classes moyennes lors de la conférence sociale, mais l’enjeu principal est de réussir à concilier réduction du déficit et maintien d’une reprise fragile.

En Allemagne, la croissance faiblit au T2 et la production industrielle recule de 1,8% sur le mois de Mai, soit la baisse la plus importante observée depuis 2 ans.

Aux USA, Janet Yellen s’est montrée très réticente à faire référence à la « forward guidance », tout en précisant que le chômage ou l’inflation pourraient temporairement dépasser leur cible sans que cela implique un relèvement du taux directeur. D’autre part, elle a mentionné une modification du programme de sortie de la politique accommodante d’ici la fin de l’année. La prudence actuelle de la Fed devrait se confirmer dans les minutes, ce soir.

Au Japon, le recul des importations ce mois-ci (-1,2%) compense le recul des exportations (-1,3%) dans un contexte où le solde de la balance commerciale est excédentaire de 522,8 MM¥. Néanmoins, la faiblesse du yen n’aura soutenu l’industrie exportatrice que temporairement car l’impact du stimulus monétaire reste insuffisant pour enclencher une véritable dynamique vertueuse, et les réformes annoncées par le gouvernement sont tardives et auront des effets lents.

En Chine, le ralentissement de l’inflation sur le mois de juin (2,3% après 2,5% en mai) continue de rassurer sur la capacité du gouvernement à poursuivre ses opérations de soutien à l’économie. Ces mesures se sont multipliées après un ralentissement de la croissance à 7,4%, incluant un desserrement des contraintes sur le crédit bancaire ou des plans d’investissement dans les infrastructures.

Par Vincent Cudkowicz

Directeur Général, co-fondateur