L’alignement des planètes. Le CAC à 5500 points fin 2015

Mis à jour le: 05/07/2018 par Jonathan Levy

Nous ne sommes qu’en mars, et les marchés actions ont déjà progressé de plus de 15% cette année.

On a coutume de dire dans ce cas que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. On peut donc se demander si le CAC40 ne va pas plafonner sur les niveaux actuels, voire même corriger ses éventuels excès, mais ce n’est pas notre analyse.

Tout d’abord comment expliquer la hausse actuelle ?

Pour nous, elle tient avant tout à une nette amélioration de la situation économique dans la zone euro. Les différentes mesures prises par la BCE depuis 9 mois ont permis à l’Europe de retrouver le chemin de la reprise. Le « Quantitative Easing » annoncé en janvier et qui a débuté lundi 9 mars, parachève la politique monétaire de la BCE, dont les résultats sont déjà visibles. En 2013, la zone euro était en récession avec une baisse du PIB de 0,4%. En 2014 le PIB a progressé de 0,9% et il est à présent attendu à 1,5% cette année, et 1,9% l’an prochain. Le chômage est sur une pente descendante depuis début 2014. Il est passé de 11,8% à 11,2% en un an.

Le premier pilier qui soutient cette tendance est la politique budgétaire des différents pays. Contrairement à ce qu’on peut souvent entendre, dans l’ensemble de la zone euro il y a moins d’austérité actuellement. En France par exemple on a accepté de maintenir le déficit budgétaire au niveau où il est, et non de le réduire drastiquement comme c’était prévu initialement. Les efforts demandés par la Commission Européenne sont assez modestes.

Le second pilier est bien sûr la politique monétaire de la BCE. Elle a conduit à écraser les taux d’intérêt et à faire baisser l’euro dans des proportions spectaculaires. Les taux ont touché leur niveau le plus bas historique et l’euro est à son plus bas depuis 12 ans.

Les conséquences de ce « policy mix » (politique budgétaire et monétaire) se retrouvent dans la situation des entreprises. Les résultats déjà publiés pour 2014 sont globalement très bons, et les prévisions affichées par les entreprises sont plutôt bien orientées.

Enfin, le dernier paramètre qui soutient la hausse des marchés actuellement est lié au fonctionnement des marchés mêmes. La valorisation d’une société en bourse correspond à un multiple (le fameux PER) du résultat attendu. Dans un contexte plus favorable, les investisseurs acceptent de prendre plus de risque. Cela entraine mécaniquement une hausse des PER et donc des cours.

Par ailleurs, les investisseurs qui achètent le plus souvent des obligations, comme les assureurs par exemple, sont obligés de trouver des solutions alternatives compte tenu du très faible niveau des taux d’intérêt. Ils se tournent naturellement vers les actions où l’on trouve beaucoup de sociétés qui offrent un dividende attractif et une bonne perspective de résultats. Les investisseurs acceptent de prendre plus de risque pour espérer un meilleur rendement, parce qu’on a créé un environnement économique plus favorable dans la zone euro.

Et maintenant ?

Les paramètres qui concourent à la hausse des marchés devraient se maintenir tout au long de l’année 2015. Les taux d’intérêt vont rester très bas et l’euro devrait flirter avec la parité face au dollar. En effet, la FED qui voit d’un très mauvais œil la forte hausse du dollar (25 % en un an !) n’a absolument pas le choix : le risque inflationniste va finir par réapparaitre si elle n’y prend pas garde. Un ajustement forcé et trop brusque de la FED aurait des conséquences catastrophiques sur l’économie américaine. Elle n’a pas d’autre choix que de sortir progressivement et sans trop tarder de cette politique de taux zéro. Cela encourage la hausse du dollar.

Dans ce contexte, les résultats des entreprises vont continuer à se redresser pendant plusieurs trimestres encore. La zone euro dans son ensemble est particulièrement sensible au taux de change. On n’a pas fini de revoir à la hausse les estimations des résultats. Les investisseurs, à la recherche de rendement, vont continuer à se positionner sur des actifs risqués. C’est pourquoi nous pensons que malgré la hausse déjà réalisée, les marchés pourraient encore monter. On voit le CAC à 5500 fin 2015. 

 

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Par Jonathan Levy

Président, co-fondateur de bienprévoir.fr