Le pétrole durablement bas ?

Mis à jour le: 05/07/2018 par Chaguir Mandjee

EDITO

Le Sénat italien devrait adopter aujourd’hui la réforme du code du Travail, déjà approuvée fin novembre par la Chambre des Représentants. Elle témoigne de la volonté du gouvernement italien de crédibiliser sa volonté de transformer l’économie, et devrait donner des gages à Bruxelles dans le cadre de sa revue des budgets européens. Alors qu’en Grèce, le gouvernement s’oppose aux dernières exigences de ses créanciers internationaux, qui comporte notamment une hausse de la TVA ou une réforme des retraites. Ceci présage d’un échec des négociations sur la sortie anticipée du pays de son plan d’aide internationale, avant la date limite du 8 décembre.

Aux États-Unis, alors que l’échéance du 11 décembre approche, un consensus semble se dessiner au sein du camp Républicain pour éviter le « shutdown ». Les discussions, qui débutent, porteront sur le report de cette échéance. Selon une proposition de John Boehner, celle-ci pourrait être repoussée à septembre 2015 pour la quasi-totalité des agences fédérales.

En Chine, La morosité des indicateurs avancés en Chine contribue aux pressions baissières sur les prix du pétrole. Après la publication du PMI Manufacturier, et confirmé ce matin en baisse à 50 en novembre, le PMI national s’affiche également en recul de 50,8 à 50,3 sur le mois. Ces indicateurs reflètent globalement l’absence de perspective de rebond économique en Chine, dont la croissance devrait continuer de ralentir dans les trimestres à venir. Les mesures de soutien annoncées par le gouvernement devraient permettre de limiter le risque d’un accident trop brutal, d’autant que les marges de manœuvre restantes sont toujours très importantes et seraient mises à profit si nécessaire.Concernant le Japon, Moody’s a dégradé la note souveraine du Japon d’un cran, de Aa3 vs A1 précédemment, mettant en avant le risque que le report de 18 mois de la hausse de TVA initialement prévue pour octobre 2015 fait peser sur l’équilibre des finances publiques.

La chute du prix du baril n’est pas encore arrivée à son terme alors que l’offre sur les marchés internationaux pourrait s’accroitre rapidement suite à un accord trouvé entre les autorités irakiennes et kurdes pour accroitre les exportations de pétrole. L’équilibre entre l’offre et la demande sur les marchés internationaux devrait donc encore évoluer en défaveur de cette dernière favorisant une baisse additionnelle du prix du baril de Brent pour un passage durable sous le seuil de 70$. Tandis que les demandes de forage ont chuté aux Etats-Unis au cours du mois de novembre. Ce ralentissement des investissements limitera la capacité d’accroissement de la production américaine à moyen terme, ce qui ralentira la hausse de l’offre par rapport à la demande et donc soutiendra in fine les cours.

 

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion