[CRISE GRECQUE] Point Lundi 29/06 18H00

Mis à jour le: 04/07/2018 par Jonathan Levy

Compte tenu des événements intervenus ce week-end à Bruxelles, un certain nombre de questions se posent naturellement sur le dossier grec. Nous tenions à vous apporter quelques éléments de réponse.

 

La Grèce doit honorer le 30 juin une échéance de prêt au FMI pour un montant de 1,6 Md€. Cela faisait 5 mois que les ministres des finances de la zone négociaient pour débloquer une nouvelle tranche de prêt afin que le pays puisse honorer cet engagement. Les Européens demandent aux Grecs de mettre en place des réformes en contrepartie de cet argent supplémentaire. Les négociations achoppent sur l’ampleur des réformes.

 Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a annoncé samedi la tenue d’un référendum pour le 5 juillet prochain. Les grecs sont amenés à se prononcer pour ou contre les propositions des créanciers. Lui-même appelle à voter « non ». Les Européens ont alors décidé de ne pas reconduire le programme de renflouement qui devait se terminer le 30 juin. La Grèce devrait donc être en défaut de paiement demain.

 

Est-ce que cela signifie une sortie de la zone euro ?

 

Pas nécessairement. Cela va surtout dépendre du résultat du référendum. Si le oui l’emporte, Alexis Tsipras s’est engagé à mettre en œuvre le plan proposé par les Européens. Si c’est le non qui l’emporte, il est dès lors fortement probable que la Grèce quitte la zone euro.

 

Quelles sont les conséquences d’une sortie de la zone euro?

 

Pour la Grèce, les conséquences sont dramatiques. Il faut d’abord qu’elle évite la faillite de son système bancaire, qui ne tient que grâce à l’aide d’urgence de la BCE. Si la Grèce sort de la zone euro, la BCE ne soutiendra plus les banques grecques. Il faudra aussi que le gouvernement grec trouve de l’argent pour payer ses fonctionnaires et les retraites. L’Etat tentera d’émettre de l’argent dans une sorte de « monnaie temporaire », en attendant le retour de la drachme. Le plus dur sera de convaincre de nouveaux investisseurs de leur prêter de l’argent, alors que le pays vient de faire défaut. Il faudra aussi les convaincre d’accepter d’être remboursés dans une monnaie dont la valeur va fortement diminuer.

 Pour la zone euro, les conséquences sont de natures très différentes. Economiquement, le poids de la Grèce est très faible. Une sortie de la zone euro n’aurait pas d’impact économique sur le business en général. Le risque est plus d’ordre psychologique. La zone euro est en pleine reprise économique depuis le début de l’année. Il ne faudrait pas que la confiance qui revient peu à peu soit entachée par cet épisode.

 La zone euro doit éviter le risque de contagion. Si un pays sort de la zone, pourquoi un autre n’en sortirait-il pas à son tour ? Le risque est plus d’ordre politique que financier. Financièrement, l’Europe s’est dotée de plusieurs outils lors de la crise de 2012, qui peuvent agir comme véritable pare-feu en cas de crise des marchés. En revanche, il ne faudrait pas que les partis populistes européens se lancent dans une surenchère sur Siriza.

 

Comment les marchés financiers réagissent-ils ?

 

Les marchés financiers plient mais ne rompent pas. Il est intéressant de regarder la réaction des différents marchés actions, taux et devises. Sur les actions, la réaction est forte, mais il n’y a pas de panique pour autant. L’indice CAC 40 évolue au dessus du plus bas atteint pendant les négociations (4790 pts le 17 juin). Le marché des taux résiste très bien à la crise. Les dettes souveraines de l’Espagne et de l’Italie bougent assez modérément. La dette du Portugal est plus affectée. Enfin, l’euro baisse lui aussi, mais très modérément, puisqu’il est passé de 1,12 vendredi à 1,1150 lundi.

 Globalement, les marchés financiers résistent assez bien à la crise grecque et ne marquent pas de rupture forte. La politique monétaire de la BCE fonctionne bien pour l’instant, et empêche tout risque de contagion financière sur les marchés. Le risque de sortie de la Grèce de la zone euro est fort mais il n’est pas encore certain. Les Grecs vont expérimenter cette semaine le contrôle bancaire. Ils pourraient être tentés de voter oui dimanche prochain pour revenir à une situation plus apaisée.

 Si le non l’emportait, cela marquerait pour la zone euro la fin de la crise grecque qui dure depuis 5 ans. Au final, c’est peut être un mal pour un bien. Les marchés ont horreur de l’incertitude, un épilogue comme celui-là pourrait marquer le début d’une nouvelle histoire, à condition que les pays membres soient capables de faire un geste politique fort pour affirmer l’intégrité de la zone euro. A ce stade, le scénario actuel ne remet pas en cause notre intérêt de détenir des actions de la zone euro pour profiter de la reprise économique. On le sait, il faut accepter la volatilité qui va de pair avec un actif dont le potentiel d’appréciation est élevé. Cette période risque donc d’être encore chargée en rebondissements. Nous ne manquerons pas de revenir vers vous si nous étions amenés à revoir nos positions.

 Sachez en tous cas que votre conseiller se tient à votre disposition pour faire un point plus personnalisé sur l’impact de cette crise sur vos avoirs. N’hésitez pas à le solliciter. 

 

Par Jonathan Levy

Président, co-fondateur de bienprévoir.fr