L’Emprunt EDF de 2009 est remboursé le 17 Juillet 2014. Comment réinvestir intelligemment ces sommes ?

Mis à jour le: 22/12/2014 par Vincent Cudkowicz

Le remboursement de l’emprunt lancé en 2009 par EDF arrive à échéance le 17 juillet. L’emprunt EDF était il une bonne opération pour les épargnants ? Que faire des sommes qui seront remboursées le 17 juillet 2014 par EDF ? Réponses à toutes ces questions.

 

Pouvez vous nous rappeler de quoi s’agit il ?

 

En effet, en juin 2009, EDF, à grands renforts de publicités lancait un emprunt qui rapportait 4,5% (avant fiscalité) sur 5 ans. Cet emprunt est remboursé le 17 juillet 2014.

Quelques chiffres :

  • 270 000 épargnants français ont cédés aux sirènes de l’Electricien français, dont
    20 000 salariés ou retraités EDF
  • 3,2 milliards d’euros collectés en quelques jours
  • Souscriptions moyennes de 12 000€
  • La moitié des épargnants avaient investi moins de 5 000€, pour un minimum de
    1 000€

Finalement était ce une bonne opération pour les épargnants français ?

 

Oui et non, comme bienprévoir.fr l’indiquait à l’époque en 2009, les obligations EDF étaient notées Aa3 par Moody’s. Hors à l’époque pour un risque équivalent et une durée équivalente, l’électricien aurait du servir un taux d’emprunt plus généreux pour les investisseurs. Cependant EDF n’a pas fait faillite et donc l’opération se termine bien pour les français. Ils ont perçu un rendement qui était plutôt bon à comparer aux livrets, voire même à certains contrats en euros de l’assurance vie. Si on prend en compte la fiscalité, cela n’était pas aussi rose que ca.

Mais finalement ceux qui ont réalisé la meilleure opération, ne sont pas ceux qui ont
attendu ce mois de juillet, pour se faire rembourser. En effet courant 2010 les taux avaient baissé ce qui a permis aux plus malins d’encaisser une belle plus value, en plus de leur premier coupon.

Ceux qui nous ont suivi en 2010 ont donc pu placer cela sur un contrat d’assurance vie.
C’était certainement la meilleure opération qu’il fallait réaliser, notamment en réinvestissant cela sur un fonds en euros dynamique par exemple.

Que faire maintenant de ces sommes qui vont être remboursées ?

 

Comme la diversification est la base d’une gestion de patrimoine saine, il est important de conserver dans son portefeuille des placements de type obligataire.

Dans le contexte actuel, de taux bas, il n’est pas absurde de regarder les fonds en euros dynamiques ou les fonds en euros immobilier par exemple, pour réinvestir ces sommes, et viser un rendement de 4% environ, mais avec les avantages fiscaux de l’assurance vie.

Et si EDF ou une entreprise du même type voulait lancer un grand emprunt
aujourd’hui, dans quelles conditions le ferait elle ?

 

Dans les conditions actuelles de marché, avec les taux à des niveaux historiquement très bas, il est très difficile de retrouver des rendements équivalents à ceux proposés par
EDF en 2009.

Donc pour retrouver du rendement il faut accepter de prendre un peu plus de risque qu’à l’époque. Dans ce cas il existe pas mal de solutions finalement, alors que ca n’était pas nécessairement le cas à l’époque.

En 2009 lorsque EDF lançait son emprunt il proposait une prime de risque par rapport à l’OAT 5 ans de +1,5%. Les OAT 5 ans à l’époque étaient de 3%, aujourd’hui l’OAT 5 ans est à 0,5% ! Avec une prime de risque équivalent voire plus bas, EDF proposerait aujourd’hui 1,25% à 1,5% environ, soit l’équivalent du Livret A. Attention cependant à tenir compte de la fiscalité et des prélèvements sociaux. Donc plus aucun intérêt dans ces conditions actuellement sur ce type de signature.

Depuis 2009 l’accès aux obligations d’entreprises s’est développé ? Comment ?

 

Effectivement l’accès aux obligations ou aux produits de type obligataires s’est développé.

Deux exemples :

Euronext a créé un marché pour faciliter et organiser l’accès aux Obligations de PME
françaises. il s’agit du marché de IBO (Initial Bond Offering).

Alors certes on est très loin des caractéristiques de l’emprunt EDF, car ici ne sont éligibles que les PME réalisant moins de 50M€ de Chiffres d’affaires et le risque est bien plus important.

On peut avoir ici une petite pensée pour les épargnants qui ont apporté leur cash aux Groupe Monceau Fleurs qui avait lancé une obligation grand public en 2010. Depuis Monceau Fleurs a été placé en procédure de sauvegarde. Le groupe Monceau Fleurs a été repris, mais les épargnants qui avaient suivi la levée d’obligations y ont perdu des plumes.
Il est donc très risqué d’investir en obligation sur des PME.

Si on tient à ce type d’investissement, il faut évidemment diversifier, les échéances, les secteurs d’activités, etc…

De quelles solutions dispose aujourd’hui un épargnant français qui veut accéder aux emprunts obligataires ?

 

Effectivement, hors le marché organisé spécialisé de la bourse de Paris on a d’autres solutions pour investir sur des placements de type obligataire :

Exemple, dernière opération réalisée en juin par Auplata, spécialiste de l’extraction de l’or. 7M€ levés, un taux proposé de 8% brut, pendant 5 ans.
Mais attention, on était sur une note assez faible (b–) et surtout une liquidité très faible
sur ce marché, même s’il est règlementé. C’est à dire que si un investisseur souhaite se débarrasser de son « papier » il n’est pas sûr de pouvoir le faire au moment souhaité.

Quels sont les risques ?

 

Donc on ici un risque non négligeable de défaut de paiement, comme cela a été le cas pour les Obligations Monceau Fleurs

Mais alors quelles sont les autres solutions pour investir en obligations ?

 

Aujourd’hui il existe au moins deux autres solutions, notamment dans l’assurance vie. Si on peut miser sur un fonds obligataire, qui va intégrer des dizaines de lignes, mais dans ce cas on n’aura pas de visibilité forte sur l’échéance. Il y a eu des fonds obligataires dans les années passées, avec une échéance, fixe, mais aujourd’hui on n’en trouve plus. Les taux proposés sont tres bas, même au marché secondaire.

Reste alors les produits financiers dits structurés qui vont répliquer le comportement d’une obligation. Vous allez dans ce cas ajouter aux risques des 3 ou 4 signatures qui composent ce produit, le risque de l’émetteur.

L’avantage si on investi dans ce genre de produits dans le cadre de l’assurance vie, c’est que l’investisseur bénéficie de la garantie de la liquidité par l’assureur. C’est très important, même si l’investisseur sortira aux conditions de marché à l’instant T.

Avez vous des exemples de ce genre de solutions ?

 

On trouve actuellement des produits alternatifs à un placement obligataire risqué assis sur des signatures mondiales qui proposent des rendements supérieurs à 5-7% sur des durées longues (7 ou 8 ans), mais dans le cadre de l’assurance vie, donc fiscalité avantageuse et liquidité assurée par la compagnie d’assurance vie. Dans ce cas il ne faut pas oublier de tenir compte du risque de l’émetteur qui se rajouter au risque d’événement de crédit de ces signatures.

Par Vincent Cudkowicz

Directeur Général, co-fondateur