Les Français face à la bourse, les causes de leurs réticences et les solutions pour y retourner

Mis à jour le: 04/03/2016 par Vincent Cudkowicz

Intervention BFM Business Intégrale Placement 8 Septembre 2014


Au début de l’été 2014 sortait une étude de l’Observatoire Européen de l’Epargne qui montrait qu’en France et plus généralement en Europe, les petits porteurs se détournent de la détention des titres /actions de leurs champions nationaux.

Depuis 30 ans, les français se détournent de la détention d’actions de leurs champions nationaux, en direct en tout cas. Par ailleurs, en 2014, seulement 5% du patrimoine des français est investi en actions, alors que la part d’assurance vie est de 38%.

Deux phénomènes détournent les français de la détention d’action :

1.L’Incertitude économique ; on peut comprendre que les français aient du mal à savoir comment investir sur les marchés boursiers.

2.Les risques et l’incompréhension du fonctionnement des marchés financiers.

Par ailleurs les français, ont l’habitude de prendre en compte un autre élément majeur dans leurs choix d’épargne, c’est la fiscalité. Hors détenir des titres en directs, ce qu’on appelle des titres vifs, ne peut se faire uniquement ou presque (sauf 2 ou 3 exceptions en France) via un compte titre avec une fiscalité forte ou un PEA, mais avec des plafonds.

Pourquoi faut-il détenir des actions dans le contexte actuel ?

La baisse de l’inflation, et la baisse des taux généralisée en Europe, confirmée par les décisions de la BCE le 4 septembre 2014, pousse de nombreux français à orienter autrement leur épargne. C’est donc légitimement la fin des livrets, des compte à terme, des monétaires, voire des mauvais fonds en euros en assurance vie. C’est également très compliqué de trouver des placements obligataires attractifs dans le contexte actuel de taux bas.

Hors les entreprises, dans ce contexte de déflation doivent absolument améliorer leurs marges pour se développer. Par ailleurs, les marchés mondiaux, notamment les US sont en croissance. Les grands groupes français vont en profiter, à fortiori si le dollar continue à s’apprécier face à l’euro.

Investir sur les actions, ca demande des connaissances, un suivi précis, de l’expérience ?

Effectivement pour investir seul en bourse il faut au moins 3 choses :

  • Des connaissances économiques, financières, mathématiques,
  • du temps, beaucoup de temps,
  • de la résilience, du sang froid.

Cumuler ces 3 éléments, c’est en fait un métier.

Investir en action c’est prendre un grand risque. C’est le risque de perdre son capital. On n’est pas sûr que ce placement, outre la fluctuation de sa valorisation, va générer des revenus ou des dividendes…Alors de quelles solutions disposent les épargnants pour répondre à tout cela en même temps, sans être obligé de se détourner définitivement des actions ?

Il existe de nombreuses solutions pour investir sur les actions ou sur des produits indexés aux actions, mais toutes ces solutions ne répondent que partiellement aux objectifs des épargnants :

Il existe cependant une autre solution que je souhaitais partager avec vous aujourd’hui: ce sont les placements dits alternatifs qui vont reproduire le comportement dynamique d’une action, tout en y ajoutant des amortisseurs à la hausse et à la baisse.

Ces produits alternatifs de type action fonctionnent ainsi :

  • Assis sur une ou plusieurs actions bien connues (du CAC 40, de l’Eurostoxx 50 voire des marchés US).
  • Ils génèrent un coupon connu à l’avance, tous les semestres ou tous les ans, tant que l’action ne baisse pas. Si l’action ne baisse pas et est donc positive, généralement le produit est remboursé et l’épargnant touche son coupon.
  • Si l’action baisse dans un tunnel compris entre 0 et -40% par exemple, on attend jusqu’à l’échéance du produit (parfois 6 ou 8 ans). Dès que l’action redevient positive à date anniversaire, l’épargnant touche tous les coupons et son capital est remboursé.
  • Si l’action au bout des 6 ou 8 ans, a baissé, par exemple de plus 40%, dans ce cas, l’épargnant enregistre une perte partielle de son épargne, comme si il était investi directement sur l’action, mais dans ce cas il commence à perdre du capital uniquement si la baisse est supérieure à 40% ! C’est donc une belle protection par rapport à un investissement en direct.

Les Avantages ?

  • Je finance l’économie réelle. Je m’attache à une action / entreprise que je peux suivre au quotidien, donc je connais les produits,
  • je connais à l’avance le rendement de mon épargne, tant que l’action est évolue dans un tunnel raisonnable,
  • je limite les risques de perte de rendement, quand l’action baisse modérément,
  • je peux investir en profitant des régimes fiscaux attractifs comme l’assurance vie,
  • je confie à un spécialiste le choix des valeurs, en fonction des opportunités de tel ou tel secteur industriel ou des services.

Risques / Inconvénients ?

  • Au risque lié à l’action je rajoute ce qu’on appelle le risque d’émetteur. Il s’agit de la banque ou de l’institution financière qui « construit » et qui « émet » le produit.
  • Un risque de perte en capital, mais plus faible que celui de la détention en direct. Il y a une sorte de coussin à l’atterrissage.
  • En contrepartie de cette limitation du risque de perte, je limite également mon gain. Je ne touche pas de dividendes par exemple, et je ne profite pas d’une très forte hausse de l’action.

Pouvez-vous nous donner des exemples des placements de ce type :

Actuellement on trouve, par exemple, deux placements qui répondent à ces critères. Bizarrement il s’agit de deux produits dans le secteur des Télécoms (Orange et Bouygues), soumis à des phénomènes de restructuration / consolidation. Le consensus des analystes voit pour ces deux titres des progressions de l’ordre de 7 et 10% à trois mois.

  • Ces deux produits sont émis pour des durées maximales assez longues : 8 ans, mais qui peuvent s’arrêter tous les 6 mois, dès que les actions se comportent positivement depuis leur lancement.
  • Ces deux produits proposent de verser des coupons de l’ordre de 8 ou 9% par an
  • Ces deux produits ont un mécanisme de protection en cas de baisse de l’action de moins de 40% (ce qui limite le gain en cas de forte hausse de l’action)
  • Le produit sur l’action Orange limite par contre son rendement à 4% par an si l’action fini au bout de 8 ans compris entre -40% et 0% par rapport au lancement et dans ces deux cas, ces produits peuvent être logés dans un contrat d’assurance vie.

Par Vincent Cudkowicz

Directeur Général, co-fondateur