Les perspectives d’évolution se précisent…

Mis à jour le: 05/07/2018 par Chaguir Mandjee

Edito

Le programme de réformes présenté par la Grèce dans la nuit de lundi à mardi a finalement obtenu l’accord des « institutions » (i.e. FMI, BCE et Commission européenne), permettant l’extension de 4 mois du programme d’aide. La nouvelle échéance pour la Grèce est donc fixée à juin, en considérant comme acquis le vote individuel des 19 pays de la zone euro (le Bundestag votera ce vendredi). Les réformes proposées concernent la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale (réclamées par les institutions depuis 2010) mais aussi la poursuite des privatisations. Pour l’heure, la Grèce semble avoir cédé sur le volet social. S’agissant du relèvement du salaire minimum, promesse électorale du Syrisa, aucun calendrier, aucun montant n’ont été confirmés. Une consultation avec les partenaires sociaux et les institutions européennes et internationales sera ultérieurement tenue sur ce sujet. Au global, la Grèce a choisi d’éviter la crise, en cédant du terrain face aux institutions.

Aux États-Unis, le discours de Janet Yellen n’a réservé que peu de surprises mais le ton et la confirmation de certains points ont permis de rassurer les investisseurs et de repousser dans le temps les anticipations d’une hausse des taux directeurs. L’élément clé a été le rappel que le terme « patient » introduit en décembre dans le communiqué signifiait qu’il n’y aurait pas d’augmentations des taux directeurs au cours des deux prochaines réunions de politique monétaire. L’action de la Fed restera conditionnée à l’évolution de la conjoncture économique. Or, sur ce point, le message est mitigé. La croissance a nettement accéléré sur la 2ème partie de l’année 2014 mais quelques signes de faiblesse sont apparus depuis quelques mois. L’industrie subit le choc de la baisse du prix du pétrole et l’appréciation du dollar avec pour conséquence un ralentissement du rythme de croissance.

En Chine, l’activité manufacturière montre des signes de légère amélioration s’inscrivant en hausse à 50,1 en février contre 49,5 le mois précédent, principalement soutenu par les composantes « production » et « nouvelles commandes ». La transformation progressive du modèle de croissance semble donc se poursuivre avec un rééquilibrage en faveur de la demande domestique aux dépens des exportations dont les perspectives sont moins favorables avec la 1ère chute sous le seuil des 50 des nouvelles commandes à l’exportation depuis avril 2014.

Dans ce contexte, Le feu vert donné à la Grèce par la commission européenne alimente encore un peu plus l’appétit pour le risque, encourageant la réduction du spread sur les marchés obligataires souverains entre les pays coeurs et périphériques, et portant les indices actions européens.

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion