Les trajectoires de croissance s’écartent…

Mis à jour le: 28/01/2016 par Chaguir Mandjee

L’accélération de la croissance en zone euro se confirme, selon les derniers chiffres de l’OCDE, le rythme d’expansion de l’activité gagne en puissance porté par une demande domestique solide grâce au gain en pouvoir d’achat des ménages. La BCE quant à elle poursuit son programme d’achats d’actifs avec un total de 134 MM€ dont 62 MM€ d’obligations publiques qui auront pour conséquences un maintien sous pression des taux souverains qui atteignent de nouveaux plus bas et une reprise de la baisse de l’euro. Pour les taux souverains, nous pourrions observer une remontée au cours du second semestre, lorsque le contexte économique se sera amélioré et que le débat sur l’avenir de la politique monétaire accommodante de la BCE débutera. Ce dernier nécessitera toutefois une remontée de l’inflation sous-jacente et un relèvement par l’institution de ses prévisions d’inflation à moyen terme.

Aux Etats-Unis, les chiffres de ventes au détail du mois de mars sont apparus en ligne avec le consensus à 0,9% de croissance contre -0,5% précédemment, alors que les prévisions s’établissaient vers 1,0%, ceci nous donnant un aperçu de la dynamique de consommation privée au sortir de l’hiver. Cette conjecture économique devrait permettre une accélération des dépenses des ménages, qui ont pour l’instant épargné les gains en pouvoir d’achat associés au recul des prix de l’énergie. Cette accélération est cruciale pour réenclencher une spirale de croissance aux Etats-Unis, et devrait permettre à la Fed d’opérer une première hausse des taux directeurs en fin d’année.

En Chine, les chiffres de croissance du 1er trimestre confirment le ralentissement économique. Le gouvernement poursuit les efforts pour tenter de transformer le modèle de croissance et refuse tout plan de relance massif. L’affaiblissement du rythme de croissance devrait se poursuivre au cours de l’année sans à-coup grâce aux mesures de soutien ponctuelles qui seront prises.

Au Brésil, les signaux défavorables se confirment et les perspectives de croissance se dégradent. Le FMI a revu ses prévisions à la baisse et attend dorénavant une contraction de 1% du PIB en 2015. Le pays souffre de la chute des prix des matières premières, en lien avec le ralentissement chinois, mais également de la baisse de sa devise qui accroit les pressions inflationnistes.

Dans ce contexte, les indices actions européens sont toujours portés par les statistiques macroéconomiques positives, alors que dans le même temps, les indices actions émergents restent mitigés et évoluent de façon significativement différente suivant les régions. Notons enfin que le cours du baril de pétrole est soutenu par la concession de Barak Obama qui a accepté que le Congrès émette un avis sur l’accord avec l’Iran.

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion