Nouvelle déception en Chine

Mis à jour le: 28/01/2016 par Chaguir Mandjee

En Chine, les indices PMI manufacturiers ont atteint un point bas depuis 2009 en septembre à 47,0. Cette nouvelle baisse concerne toutes les composantes de l’indice avec un ralentissement de la production, de l’emploi et des nouvelles commandes autant sur le marché domestique qu’à l’exportation. Malgré les mesures prises par les autorités (relance budgétaire et monétaire), l’activité peine à se stabiliser. Tant qu’un point bas n’aura pas été touché, il sera difficile pour le reste du monde, et notamment les banques centrales, d’avoir une visibilité sur les conséquences pour leur propre économie.

En zone euro, la croissance résiste : les indices d’activité PMI européens ne montrent pas d’inflexion marquée (attendus en léger recul pour l’ensemble de la zone euro à 54,0 contre 54,3 points en août) contrairement aux PMI en Chine qui demeurent bien en-deçà des 50 points, seuil indiquant les points de retournement dans le cycle économique pour les 3 à 6 prochains mois. La croissance en zone euro dispose de ressort de croissance lui permettant de compenser le ralentissement chinois notamment. D’ici fin 2015, les effets négatifs du ralentissement de la demande étrangère seront compensés par la robustesse de la dynamique interne des économies européennes, qui sera par ailleurs soutenue par la faiblesse des prix des matières premières. L’Allemagne devrait être particulièrement pénalisée en cette fin d’année, puisque ses exportations sont nettement dépendantes du marché domestique chinois.

En Grèce, le président réélu, Alexis Tsipras, a désigné des nouveaux ministres qui composeront le prochain gouvernement. Globalement, il y a eu peu de changement comparé au gouvernement précédent, ce qui montre qu’Alexis Tsipras a joué la carte de la stabilité, cherchant à rassurer les créanciers sur la mise en oeuvre des réformes du programme du troisième plan d’aide.

Dans ce contexte mitigé, les cours des matières premières resteront sous pression pesant négativement sur les anticipations d’inflation. Sans un signal rassurant en provenance de Chine, il sera difficile pour la Fed d’amorcer son resserrement monétaire, ce qui permettra aux banques centrales des pays émergents de ne pas avoir à remonter leurs taux directeurs dans un contexte de ralentissement mais contraindra la BCE et la Banque du Japon à assouplir encore leur politique pour éviter une appréciation de leur devise, outil indispensable dans leur lutte contre la déflation.

Chaque déception en termes de statistiques nous éloigne donc d’une action de la Fed et, un nouveau report augmenterait les pressions haussières sur l’euro obligeant la BCE à réagir. Par conséquent, les taux souverains et les indices actions ne pourront pas reprendre leur tendance haussière sans une meilleure visibilité sur la Chine.

 

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion