Un vent nouveau souffle sur l’Europe…

Mis à jour le: 05/07/2018 par Chaguir Mandjee

Mario Draghi a encore gagné son pari, en parvenant à délivrer plus que les anticipations pourtant élevées des investisseurs.

La bonne surprise tient essentiellement au fait que la BCE s’engage sur un montant mensuel élevé d’achats d’actifs publics et privés, soit 60 M€, sans réelle date de fin bien que septembre 2016 ait été avancé comme date cible sous réserve d’un retour de l’inflation au-dessus de 2%. La BCE n’a en revanche pas fourni de clé de répartition entre les actifs privés et les dettes d’Etat. La réaction fortement baissière des taux souverains européens et de l’euro (face aux principales devises mondiales) témoigne que le Président de la BCE a réussi à ne pas décevoir les marchés financiers malgré des attentes élevées.

Enfin, la BCE continue d’essayer d’influencer le comportement des acteurs bancaires, et par ricochet économiques, en abaissant à 0% la marge appliquée aux opérations de refinancement TLTRO au-delà du taux principal de refinancement, supprimant ainsi la prime de 10pb appliquée aux premiers TLTRO. Ceci vise à améliorer les conditions de financement des banques, et donc devrait les inciter à prêter aux entreprises.

En Grèce, le parti de gauche radicale Syriza obtient une large victoire, mais manque de justesse la majorité absolue (à 151 sièges), avec 149 sièges. Alexis Tsipras est parvenu à former une coalition avec le mouvement des Grecs indépendants qui dispose de 13 sièges portant ainsi leur total à 162 sur 300. Le nouveau gouvernement va pouvoir s’atteler au 1er dossier qui s’annonce particulièrement délicat : trouver un compromis avec les Européens sur la dette grecque et la poursuite du programme d’aide. Les ministres des Finances européens se disent prêts à négocier un rééchelonnement de la dette grecque avec le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras. S’ils exigent en contrepartie le respect des conditions associées au plan d’aide international et excluent d’abandonner une partie de cette dette, leur posture apparaît conciliante et laisse présager d’une issue favorable aux négociations, même si la faible visibilité alimentera la nervosité sur les marchés dans les prochaines semaines.

Alors qu’en France, Le nombre de chômeurs a continué de progresser en décembre, atteignant un nouveau record de près de 3,5 millions de personnes. Si la progression s’est limitée à 8100 personnes supplémentaires sur le mois, soit un net ralentissement après +27000 le mois précédent, ce nouveau record marque une hausse du nombre de chômeurs de 5,7% comparé à fin 2013.

Dans ce contexte, les marchés européens restent relativement stable et ne semblent pas décrocher, ni même s’apprécier, la question grecque opposant un frein à l’accélération voulue par la BCE avec le « Quantitative Easing » à l’européenne.

 

Par Chaguir Mandjee

Directeur Général de Haas Gestion