Trésorerie d’entreprise : comment placer au mieux ses excédents financiers en 2018 ?

Mis à jour le: 16/04/2018 par Maxime

Parlons Placements n°43 : Mars 2018

Partie 2 :  » Trésorerie d’entreprise: comment placer au mieux ses excédents financiers en 2018 » avec Vincent Cudkowicz, Directeur Général et co-fondateur de bienprevoir.fr

Découvrez notre analyse sur la manière d’optimiser au mieux son surplus de trésorerie. Quels sont les placements les plus performants pour votre excédent de trésorerie ? Découvrez nos astuces pour votre stratégie de placement de trésorerie, avec Vincent CUDKOWICZ, co-fondateur, Directeur Général, de bienprévoir.fr

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Thomas Blard (journaliste, Décideurs TV) : Trésorerie d’entreprise comment placer au mieux ses excédents financiers en 2018, c’est une vraie question quand on est un petit, moyen ou grand chef d’entreprise que faire de sa trésorerie ?

 Vincent Cudkowicz (Bienprévoir.fr) : Aujourd’hui le contexte est plutôt très favorable pour les entreprises. Les défaillances d’entreprises sont à un niveau historiquement très bas, les dernières enquêtes sur le niveau de trésorerie des entreprises montrent qu’il est très élevé. Il y a du « cash sous le matelas ». En fait la difficulté aujourd’hui pour un chef d’entreprise c’est de trouver des solutions d’investissement. C’est encore plus difficile que lorsqu’on est un particulier finalement, il y a beaucoup de solutions. En tant que chef d’entreprise on a conscience qu’aujourd’hui : soit les taux sont négatifs sur les placements classiques, soit les taux sont très bas lorsqu’on a affaire à des alternatives, il y a de nombreuses conditions à respecter pour arriver  à placer ses excédents de trésorerie.

Que rapportent les placements classiques pour la trésorerie d’entreprise aujourd’hui ?

Historiquement le chef d’entreprise avait soit la possibilité d’investir en monétaire, en compte à terme, voire dans les fonds en euros des contrats de capitalisation. Aujourd’hui sur le monétaire, les rendements sont négatifs en 2018 et je ne parle même pas de l’impact de l’inflation qui est autour de 1,5-1,6%. Donc sur le monétaire on est négatif, c’est le pouvoir d’achat, le capital qui est renié au fur et à mesure qu’on investit. Pour les comptes à terme on maximise à 0 4 % sur trois ans et en plus on a des contraintes très fortes. On ne peut pas sortir quand on veut, si on a besoin de récupérer ces fonds pour une opération d’acquisition externe par exemple on est bloqué. Il y a aussi les fonds en euros qui sont accessibles aux entreprises, qui eux-mêmes rapportent à peine le niveau de l’inflation aujourd’hui donc toutes ces solutions-là font partie un peu de l’ancien temps. On va donc plutôt les éliminer aujourd’hui.

Dans ce contexte à la limite ne rien faire c’est pratiquement équivalent plutôt que de s’embêter à courir après… 

 Justement l’idée c’est de démontrer qu’en prenant un risque limité en diffusant sa trésorerie sur différents types d’avoir, on est capable de multiplier par 5 le rendement moyen qu’on constate, si on considère qu’on a encore des taux positifs. Je ne pense pas aujourd’hui qu’on puisse s’asseoir complètement sur l’hypothèse de dégager un état financier multiplié par 5 par rapport aux comptes à terme.

Les solutions traditionnelles, en effet dans le contexte de taux actuels, le monétaire classique où les fonds euros c’est très compliqué. Alors justement comment est-ce que vous abordez la question, comment est-ce que vous essayez de résoudre l’équation ?

En fait un petit peu comme lorsqu’on s’adresse à la clientèle particulière on a par exemple 3 types de piliers historiquement sur lesquels on peut travailler lorsqu’on parle de trésorerie d’entreprise. Le premier pilier c’est la solution obligataire. 

 

Sur les fonds obligataires ou tous supports qui a un sous-jacent obligataire, cela peut être des produits structurés obligataires, des fonds obligataires voire des obligations en direct. Aujourd’hui, on a la même position que pour les particuliers, pour obtenir un rendement acceptable, on est obligé de prendre un risque assez important donc temporairement en tout cas dans le contexte actuel on va plutôt mettre de côté des solutions obligataires. On y reviendra peut-être dans le courant de l’année donc c’est vraiment une piste qu’on exclut temporairement même si encore au milieu de l’année 2017 il y avait encore des possibilités d’investir sur des fonds obligataires datés.

Sinon il reste deux options. Les fonds structurés qui sont sur le marché actions, des indices.Là l’idée c’est d’aller sur des produits qu’on a l’habitude d’exposer chez bienprevoir.fr et qui vont avoir des sous-jacents soit action soit des sous-jacents indices. Sur les actions aujourd’hui on a des possibilités d’investir sur des produits sur mesure notamment des produits à formule. Ce sont des solutions que les gens qui nous suivent connaissent et qui permettent d’avoir un objectif de rendement compris entre 4 et 8% selon risque qu’on prend et d’avoir une protection du capital sur des niveaux qui vont osciller entre 30 et 50 % au maximum et après on a un horizon de placement.

Aujourd’hui, lorsqu’on s’adresse aux entreprises on va réussir à monter des offres qui peuvent avoir pour objectif par exemple de dégager du 4% net d’IS, un taux qui est quand même assez intéressant aujourd’hui, tout en prenant un risque limité. Dans certains cas même si on accepte de prendre un risque dollar on peut aller chercher du capital garanti avec un objectif de rendement autour de 5% et avec un horizon de placement à 5 ans. Donc là on est sur des solutions que j’évoque très rapidement qui finalement peuvent dégager un peu plus de rendement et de rentabilité. 

Les fonds immobiliers sont-ils une autre option ?

Bien sûr aujourd’hui les fonds immobiliers  sont incontournables dans le paysage des placements immobiliers. Là aussi au niveau des particuliers aujourd’hui, les solutions immobilières ont remplacé par exemple les fonds en euros en assurance-vie. Il existe donc pas mal de solution qui permettent de jouer sur la diversification mais aussi sur différent bout d’enveloppe qu’on peut imaginer vouloir placer pour ne pas être prisonnier d’une solution. Notamment quand on a des objectifs stratégiques de rachats de sociétés si on veut faire de la croissance externe, on a peut-être intérêt à avoir différentes enveloppes. Donc sur les fonds immobiliers on peut aller par exemple sur des OPCI où l’intérêt est que vous investissiez dans des bureaux, de la pierre papier classique de bureau. L’avantage des OPCI c’est que vous avez une liquidité qui est plus forte que sur les SCPI classiques. Vous pouvez sortir au bout de 2-3 ans, même si l’objectif n’est pas de sortir au bout de 2 ans. Il faut garder en tête que toutes les solutions qu’on évoque ici aujourd’hui sont au minimum sur deux ans.

Oui parce qu’il n’y a pas de « free lunch » en fait comme on le dit dans les marchés financiers. On va booster son rendement mais vous le rappeler il y a horizon de placement, il faut l’accepter. 3 ans… 4 ans… 5 ans… Ce n’est pas de la trésorerie très liquide.

Bien sûr c’est probablement le sujet sur lequel il faut avoir un changement d’attitude par rapport au mode de consommation qu’on connut les directeurs financiers et les responsables d’entreprise jusqu’à il y a 4-5 ans où effectivement on pouvait avoir une stratégie de placement de trésorerie à 2 ans, à 24 mois ou 36 mois. Aujourd’hui il faut accepter de démarrer avec des horizons de placement minimum de 2-3 ans.

 Peut-être compartimenter sa trésorerie et là je vais en mettre une poche à 5 ans, 4 ans, 3 ans. Comme on gère la dette finalement.

 

Exactement on peut compartimenter comme on peut très bien le faire avec des sous-jacents immobiliers et là aussi en termes de résultats de rendement qu’on peut attendre après impôts, on peut viser des rendements autour de 3-4% après IS.

Ce qui reste très intéressant et là aussi avec la possibilité d’avoir différentes enveloppes et de diversifier notamment sur des OPCI qui vont investir par exemple dans différentes parties en Europe. Aujourd’hui, il y a à peu près 3-4  OPCI grand public qui sont majeurs sur le marché et sur lesquels on peut aller assez facilement.

 En matière de frais est ce qu’il y a là aussi des choses…

Alors sur les frais pour les produits immobiliers finalement on tourne autour de 2-2,5% de frais d’entrée ça aussi il faut l’intégrer dans son calcul de rentabilité. Il faut l’absorber avant d’envisager de sortir donc c’est pour ça qu’il faut tenir compte quand même du fait qu’il faut à peu près 2 ans de rendement aujourd’hui pour couvrir les frais, là aussi ça impacts évidemment la stratégie de placement de ses excédents. Et sur les produits plus de type actions les fonds structurels et là on est sur des frais d’entrées de l’ordre de 1,5% maximum donc c’est probablement plus risqué que l’immobilier. Les rendements attendus sont aussi plus importants mais en même temps les frais d’entrée sont plus accessibles mais maintenant il y a un élément important sur la trésorerie d’entreprise c’est que souvent le cas sur ces produits-là, il faut un minimum d’investissement qui est de l’ordre de 100 000 euros donc  ça peut être également un frein. Mais pour les fonds immobiliers il faut prendre en compte qu’on peut rentrer beaucoup plus facilement.

Prenons l’exemple d’une entreprise avec une trésorerie de 1 millions d’euros :

Oui l’idée c’est de dire qu’avec une entreprise qui dispose d’un million de cash à investir aujourd’hui, si elle investit sur un compte à termes à 3 ans elle va éventuellement dégager un résultat de l’ordre de 4000 euros par an. Si elle suit nos conseils et qu’elle investit sur une trésorerie diversifié, optimisé elle peut espérer multiplier par 5 son rendement là et envisager d’atteindre a minima 2% de rendement annuel net d’impôts. C’est un scénario prudent.  

 

Par Maxime